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Coworking spaces et entrepreneurs à Dubaï

Vous pensiez que Dubaï, ce n’était que des hommes en costumes, et leurs desperates houswives ? Vous n’avez pas totalement tort, mais les choses changent. On voit de tous à Dubaï, des backpackers devenus marketing managers, des hipsters qui bossent dans la pub, des motards, des tatoués à crête et puis… des entrepreneurs.

Comme me l’explique Thai, de MAKE, « il y a 10/15 ans, on venait à Dubaï avec un job, une certaine sécurité, et sa famille. Maintenant, après la crise qui a touché Dubaï il y a 3-4 ans, je crois qu’il y a énormément de gens qui sont partis de Dubaï car leurs jobs ont été supprimé. Mais il reste encore toute cette ville, ces infrastructures qui ont été construites. Il y a maintenant des gens qui viennent à Dubaï en free lance, à la recherche d’opportunités à créer eux-mêmes. » A cela s’ajoute la crise qui force les diplômés européens à s’expatrier pour trouver ou se créer un emploi.  Et puis il y a aussi ceux qui décident de succomber aux sirènes de l’entreprenariat ou de rester sur place pour lancer leur projet.

Pas besoin de chiffres pour en témoigner, il suffit de voir le nombre d’espaces de coworking qui ont vu le jour ces derniers temps. Vous ne savez pas ce que c’est ? Leith Matthews non plus ne le savait pas il y a encore un an.

Après avoir travaillé 8 ans à Dubaï, Leith Matthews decide d’ouvrir son restaurant. Il commence par travailler sur son projet chez lui et dans des cafés, mais se sent vraiment seul. « Vous ne devriez pas avoir l’impression de travailler seul, parce qu’alors ça a l’air d’être un trop grand challenge » explique Matthews. « Si vous êtes entouré de gens qui veulent aussi créer quelque chose, alors vous vous sentez plus fort. » C’est ainsi que lui est venu l’idée de créer un restaurant où les gens pourraient se retrouver quand ils veulent travailler. Sans se le savoir, Leith était en train de monter un coworking space. Autrement dit : un espace de travail partagé, mais aussi un réseau de travailleurs qui encouragent l’échange et l’ouverture.

MAKE est “restaurant” beau, agréable et pensé pour pouvoir y travailler. Entre 25 et 45 personnes s’y retrouvent chaque jour pour y travailler en sirotant un smoothie ou en mangeant un délicieux gateau, qu’ils soient freelancers, entrepreneurs aguerries ou petits nouveaux, designers etc. Le soir, MAKE accueille des évenements sur des thématiques variées : mode, entrepreneuriat, social media, restauration etc. C’est d’ailleurs une des sources de revenu du restaurant, car les gens sont prêts à payer pour obtenir des conseils ou de l’inspiration et rencontrer du monde autour d’un verre ou d’un repas.

En deux mois, Leith avait recueilli 1,8 millions dirhams soit $490,000 grâce au réseau qu’il s’était constitué auparavant et avait mis 300 000 dirhams de sa poche. Pour rendre les choses plus simples, Matthews cherchait un local dans un free zone. Aux Emirats, comme en Oman, les étrangers ont besoin d’un sponsor local pour implanter leur entreprise. Un sponsor est en général quelqu’un qui possède une partie (ou la majorité) de l’entreprise. Mais Dubaï, dans sa volonté d’attirer les capitaux étrangers, a ouvert un vingtaine de free zones qui délivrent des permis pour les entreprises détenues par des étrangers. Ce qui signifie : pas de sponsors ! Malheuresement pour Leith, il n’a pas réussi à trouver de locaux dans ces free zones, et a donc trouvé un sponsor parmi le réseau de ses investisseurs.

A Dubaï, on trouve aussi… des émiratis ! Les émiratis ont cette image de riches nababs passant leur temps à manger et à s’acheter des Lamborghinis. Détrompez-vous ! C’est vrai que passer une après-midi dans un mall chic de Dubaï peut vous donner cette impression. Mais, ce n’est que la partie visible ! Certains émiratis sont des bosseurs et des entrepreneurs passionnés. Ahmed et Rashid Bin Shabib en sont deux exemples. Ces deux frères viennent d’une famille d’entrepreneurs et ont décidé de rendre à leur pays ce que leur pays leur avait donné, tout en aidant les entrepreneurs. Ils ont donc créé The Shelter, un espace de travail et d’évènementiel complètement gratuit ! N’importe qui peut y aller, s’asseoir et utiliser internet gratuitement !

Chaque jour, 10 à 15 personnes s’y rendent pour travailler jusqu’à ce que leurs boites soient suffisamment grande pour avoir besoin/pouvoir s’offrir des bureaux à eux. Ils sont startupers, architectes, freelancers, émiratis, indiens, américains, libanais… Le soir, The Shelter et d’autres groupes organisent des événements.

Ce qui est incroyable, c’est que The Shelter ne vise pas à faire du profit mais juste à être durable sur le long terme ! Les dépenses de la vie de tous les jours comme le loyer ou l’électricité sont couvertes par l’opérateur téléphonique du. A côté de ça, The Shelter peut être loué pour des évènements.